Les vers se versent en averse

Les vers se versent en averse

J'étais poète !

J'étais poète, les yeux rêveurs, le cœur en fête

Les mots étaient mes compagnons de jeu

Ensemble, on allumait des foyers dont le feu

Réchauffait les cœurs et tournait les têtes.

J'étais poète et je ciselais des rivières

Au diamant des lettres pures qui brillaient

Sans qu'on s'attarde à leur lumière

Et moi, j'entendais leur appel langoureux.

J'étais poète. Pas une tournure ne me résistait,

Pas un enfant, pas une fleur ne me saluaient

Et même ceux qui ne voyaient pas mes images

Baissaient les yeux à mon passage.

J'étais poète, telle la fée avec sa baguette

J'émiettais la lumière au dessus des têtes

Mes mots murmurés étaient magiques

Et avaient des pouvoirs magnifiques

On les écrivait en talisman dans les cœurs

Pour que l'amour y remplace les pleurs

On les gravait sur le flanc des pierres

Et elles fondaient en douces rivières

On les récitait aux chevets des souffrants

Et le vent emportait maux et malédictions !

J'étais poète ! j'étais poète ! poète j'étais !

Que m'est-il arrivé ? Où est le verbe fou

Qui me faisait vibrer et s'emparait de vous ?

Et qu'avec vénération vous fêtiez ?

Où est la douce brise qui coulait, sereine

De mes délires et effaçait vos peines ?

Où est mon adresse à dire sans en avoir l'air

Ce qui vous ronge le cœur et à faire

De vos larmes les plus beaux vers ?

Où est cette lumière qui traçait mes lignes

Traversait mes pages, se versait dans vos yeux ?

J'étais le poète altier, le prince digne

De tous les honneurs, ignorant la peur

De la page blanche et du ténébreux silence

Me voici, Prométhée livré au rapace rongeur

Connaitrai-je un jour la délivrance ?

 

 

 

 

 

 

 

 



29/08/2011
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