Les vers se versent en averse

Les vers se versent en averse

Averse

Hier, le Ciel a fait l'enfant.
Il était juché sagement
Sur ses hauteurs suantes
Puis soudain, il a lancé
Une colère foudroyante
Qui a désorienté l'été!

La coupe céleste remplie
De canicule jusqu'à la lie
S'est brisée sur nos têtes.
Vent, éclairs et tonnerre
Charivari extraordinaire
Et de grosses larmes d'enfant
Ont coulé généreusement
Sur la poitrine de la douce Terre
Et les griffures des éclairs
Et les brisures des tonnerres
Et les arbres échevelés par le vent
Donnaient à cette colère d'enfant
Un ton d'apocalypse imminent.

Certains humains psalmodiaient
Au fond des maisons fermées
D'autres gardaient un silence de mort
Ou parlaient de jugement dernier.
Des enfants regardaient dehors
Et voyaient des cavaliers d'acier
Bombarder les jardins de grêle
Du haut d'une sombre tourelle.

Moi, je suis sortie en douce
A la recherche de Tom Pouce
J'ai rencontré Cendrillon
En compagnie de Blanche-Neige
Elles se disaient des secrets
Comme au temps du collège,
Lors des récrés; elles riaient...

J'ai vu, sous une blanche feuille
Un grillon discuter avec un papillon 
Assis sur un portefeuille 
Et j'ai ri lorsque la Belle au bois dormant
En pyjama trempé et les yeux gonflés 
Est passée comme un brin de vent...
Ainsi j'ai commencé à glisser doucement
Au pays des fées et merveilles
Où brillaient des petits soleils.

Hélas! l'Enfant-Ciel capricieux
A vite ravalé ses pleurs houleux
Et je me suis retrouvée toute trempée
Mais sûre de ne m'être pas trompée
J'ai bel et bien vu, sous la pluie
Un Petit Prince désemparé
Qui ne connaissait pas les parapluies.



06/01/2016
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