Les vers se versent en averse

Les vers se versent en averse

"Dessine-moi un mouton"

"Dessine-moi un mouton" ... 
Un mouton? 
Il y en à foison !
Si tu savais, Petit Prince !
Si tu savais que les moutons
Ont , depuis longtemps,
Abandonné leur toison
Et se sont déguisés en hommes
Et, peu à peu, les vrais hommes
Se sont faits de plus en plus rares
Et se sont déguisés en parias, en fous, en artistes 
Si tu savais que les moutons
Ont fini par croire qu'ils sont de vrais hommes
Et se sont mis à bêler à l'unisson
Parfois marxistes, d'autres djihadistes !
Que de -istes!
Que de bêlements!
Que de sang ! 
Que de moutons !
Et les artistes s'engagent 
Ils osent poser nus
Alors les faux hommes enragent
Et leurs fers aigus
Miroitent l'enfer.
"Dessine-moi un mouton", dis-tu? 
Tu le veux rasé de près ou barbu?
Si ton conte était à réécrire
Voilà ce qu'il te faudrait dire
Pour être au diapason :
"Au recto, dessine-moi une colombe
Au verso, un lance-bombe
Et un couteau."
C'est juste un dessin mais
Mais tu vois, un mouton
Verra le verso 
Un homme
Le recto
Et moi, moi, qui ne sait dessiner que des mots
Je sais qu'ils sont à double tranchant
Colombe au recto et bombe au verso.



08/10/2014
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