Les vers se versent en averse

Les vers se versent en averse

L'orphelin

En lui, les souvenirs ont tari

Le jour où sa mère a quitté la vie

C'était un jour éventré

Que le temps a mal ponctué

C'était peut-être un an

Entassé en vingt-quatre heures

C'était peut-être un instant

Dilaté par l'énorme malheur

Sur la blanche tombe, une date

Qu'il regarde en se voyant la regarder

Il voudrait la falsifier, l'effacer

Il caresse le marbre de ses mains moites

Et se sent couler dans son sablier

N'ayant pas le pouvoir

De réécrire l'histoire.

 Le corps d'une mère meurt

Même s'il a donné la vie

Mais son cœur transperce le temps

Le traverse en sens inverse

Pour soutenir l'enfant

Qui ne sait plus lire l'heure

Sur les cadrans du malheur

Et,

Sur sa joue, l'orphelin

Sent comme un câlin

Il entend même le léger vent

Lui murmurer doucement :

« Le jour où il a cessé de faire jour,

Mon petit, t'a terrassé

Il te faut te relever

Et, imprimer sur les pages des jours

Ta vie en couleurs gaies »

L'enfant ne regarde plus la tombe marbrée

Mais le ciel au bleu illuminé

Il y entrevoit le cordon ombilical

Que le temps, en se rompant 

Ne rompra jamais  

Celui de l'Amour vainqueur des pierres tombales.



30/08/2011
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