Les vers se versent en averse

Les vers se versent en averse

Lettre à mon enfant


 

Mon enfant, la fatigue a gagné mon cœur

Et les mots se décident avec impertinence

Mon enfant, je t'écris pour te demander pardon

Pourtant tu n'es pas étranger à la décision de ta naissance

 

Tu t'installas en moi alors que je n'en avais pas conscience

Tu ne m'as pas demandé mon avis

Mon enfant, tu fis de mon ventre ta demeure

Tu l'arrangeas à ta façon, selon tes gouts

Mon corps entier était pris par le vertige de ton existence

Tu cognas, tu gagnas de ta place, tu consommas à volonté

Tu fus terrible, je grossis, t'ayant contenu

Je peux contenir l'univers

Un jour, tu glissas dehors et nous fîmes connaissance

Mon enfant

Pourras-tu me pardonner un jour

De t'avoir donné le jour ?

Cette vie-ci est un vrai mensonge

Que j'ai honte de t'avoir légué

Je te léguerai aussi la poésie

La poésie éternelle qui berce et console.

 

 

 

 

 

 

 

 



30/08/2011
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